Les investisseurs chinois omniprésents au Brésil

18 octobre 2017

Michel Temer a effectué une visite officielle en Chine et rencontré les grandes entreprises implantées au Brésil.

« Avec tous les investissements que vous allez réaliser au Brésil, votre entreprise devrait s'appeler "Quatre Gorges" ! » plaisantait le président brésilien Michel Temer, à l'issue de sa rencontre avec Lu Chun, le patron de China Three Gorges (CTG), dès son arrivée, jeudi, à Pékin avant de rejoindre ses homologues des BRICS à Xiamen.

Le groupe CTG a déjà investi quelque 23 milliards de reals (environ 6 milliards d'euros) au Brésil en moins de cinq ans. Il y est devenu le deuxième producteur d'énergie électrique, et ne compte pas s'arrêter en si bon chemin.

CTG n'est d'ailleurs pas le seul groupe chinois à investir dans le secteur électrique au Brésil, puisque State Grid s'est également taillé la part du lion dans la distribution d'électricité et les lignes à haute tension, notamment pour fournir l'énergie entre les nouveaux barrages en Amazonie et le grand marché de consommateurs situé dans le sud du pays.

Une cinquantaine d'entreprises à vendre

Michel Temer a également saisi l'occasion pour préciser les contours de son programme de privatisation. Avec sous le bras un épais catalogue d'une cinquantaine d'entreprises à « vendre », dont l'EDF brésilien Eletrobras, et plus d'une douzaine de centrales hydro-électriques. « Les Chinois joueront certainement un rôle de premier plan dans la privatisation d'Eletrobras », estime Pedro Seraphim, spécialiste de l'énergie au sein du cabinet d'avocats Tozzini Freire. « C'est exactement le genre d'actifs qu'aiment les Chinois. Ils n'aiment pas les petites transactions ! » ajoute Fernando Camargo, responsable des infrastructures au cabinet de consultants LCA.

Le Brésil et la Chine ont récemment lancé un fonds de 20 milliards de dollars, financé à 75 % par la Chine, pour moderniser les infrastructures dans le pays latino-américain.

En outre, plusieurs banques chinoises ont déjà pris leurs marques, installant leurs filiales au Brésil, à l'instar d'ICBC, de China Construction Bank (CCB) et de Bank of Communications (BoCom).

Les Chinois sont désormais présents dans plusieurs secteurs. Le mois dernier, le groupe HNA, qui est actionnaire de la compagnie aérienne Azul et cliente de l'avionneur brésilien Embraer, est entré au capital de l'aéroport international de Rio de Janeiro.

Dans l'agroalimentaire, Shangai Pengxin Group a déjà mis la main sur deux tradings brésiliens spécialisés dans les céréales. Et ce n'est pas tout : Didi Chuxing a investi 100 millions de dollars dans le concurrent d'Uber au Brésil, 99, tandis que des négociations sont en cours, en vue de l'acquisition de plusieurs terminaux portuaires. L'appétit vient en mangeant.

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